Jeudi 18 mars 2010

Levé à cinq heures et demie. À l’ordinateur puis à la table à dessin, sur deux cases à la fois. La suite de journée se passe à Tolbiac où a lieu une journée d’étude sur les outils et les usages dans le domaine de la numérisation du patrimoine, le temps de savourer ce luxe de pouvoir participer à ce type de journée. On y parle des « pro-ams », les « professionnels-amateurs », du « web contributif » dans lequel force est de reconnaître que les contributeurs sont loin de former la majorité des usagers d’Internet : 1 % de ceux-ci y apportent un contenu, 10 % l’enrichissent. Alain Giffard parle de l’industrialisation et de la marchandisation du lien social, après celles des lecteurs, de la lecture, de l’écriture - en remontant le temps. François Cavalier dit que si les bibliothèques ont perdu leur position centrale dans l’accès au savoir, elles peuvent prendre une part importante dans l’« économie de l’attention » et dans la gestion des données numériques. On évoque les nouvelles formes canoniques du savoir induites par Internet, la responsabilité que nous laissons aujourd’hui dans l’héritage numérique de demain. Les institutions doivent-elles y plonger ? « C’est une guerre ».

Mercredi 17 mars 2010

Levé à cinq heures et demie. Je termine une case en cours ; elle a beaucoup de hachures de mouvement, ce qui m’agace. Mais je la finis tout de même, tentant de me raisonner : plus tard mon regard évoluera face à ce qui se construit à cet instant. Et puis il faut penser au récit. Je réveille D. entretemps.
On fantasme beaucoup la vie d’un compositeur [on peut placer ici toute autre activité de création] qui attendrait la mythique “inspiration” devant un beau paysage. Mais l’ “inspiration” ne s’attend pas, elle se cultive dans l’ordinaire du quotidien.
John ADAMS, interrogé par Renaud MACHART dans Le Monde du 14 mars 2010.
Je pars rue de Louvois. Le mercredi est le jour de mon office au bureau des renseignements bibliographiques en salle de lecture, chose toujours compliquée : il faut veiller aux droits d’auteur des documents que les usagers veulent reproduire, parfois parler en anglais, garder un équilibre difficile entre les missions contradictoires de sauvegarde et de conservation et celles de la communication et de la diffusion. Je passe à la poste en rentrant, achète une bouteille de vin chez le petit détaillant de la rue d’Avron, suis à l’appartement vers dix-huit heures. J’entame une case .