Mardi 5 janvier 2010

Journée de travail rue de Louvois. Je dois faire deux allers-retours à l'atelier du prestataire extérieur de numérisation, apporter et ramener des manuscrits musicaux. Il faut se munir du passe magnétique au troisième niveau, prendre l’ascenseur jusqu’au second sous-sol, traverser le corridor traversant la rue de Louvois, et à partir de là prendre un vieil ascenseur avec un plancher en bois du troisième au premier sous-sol ― le second sous-sol coté Louvois correspondant au troisième sous-sol coté Richelieu ―, emprunter des corridors sans aucun angle droit et sans surface vraiment plane, remplis de câbles à tel point qu'il faut parfois se baisser, redescendre d'un demi niveau ― une moitié de niveau obligeant à emprunter un monte-charge très lent si je suis accompagné d'un chariot sur roulettes. Je sors vers dix-sept heures et pars en quête de papier à dessin ― les blocs “Carré d’art” du magasin Sennelier ― dont je me sers exclusivement pour le projet en cours, mais aussi d'une grande plaque de découpe. Mais le magasin du quai Voltaire est fermé pour inventaire. Je file à l’annexe rue de la Grande Chaumière, mais je n’y trouve rien de ce que je cherche. La quête se termine rue Soufflot, où je trouve ce que je veux, dont une planche de découpe suffisamment grande et à un prix raisonnable. Je ramène celle-ci à mon bureau rue de Louvois, tout cela à pied ― je croise d’ailleurs Jean-louis Debré, à pied aussi, songeur, au sortir du Conseil d’État. Je repars chercher D. à sa sortie de travail, la retrouve in extremis à la station du Louvre. Nous rentrons.

Jeudi 17 décembre 2009

Je pars équipé de grosses chaussettes et de sous-vêtements chauds. Rue Richelieu à huit heures et demie, au moment où il commence à neiger. Je suis d’astreinte à neuf heures et demie pour contrôler un transfert de collections vers Bussy-Saint-Georges, ce qui veut dire faire le pied de grue dans le hall d’entrée ouvert à tous les vents. Je vérifie les fonds transférés par trois déménageurs. Je ne peux m’empêcher d’aider un peu les manœuvres même si ce n’est pas mon rôle “en tant que responsable”. La neige s’amoncelle mollement ― c’est une neige parisienne, qui ne tient guère, même si cinq centimètres de cette matière est une surprise ici, un évènement. Les chariots stationnent dans le hall puis c’est leur acheminement vers le camion. Posté à coté de celui-ci, je dois noter leur numéro et le nombre de caisses embarquées. Je me réfugie dans le container du camion au bout d’un moment pour faire cela, car je commence à ressembler à un bonhomme de neige. Je ne sens plus le bout de mes orteils, et le retour dans mon bureau chauffé est plutôt agréable. Je me bats avec le télécopieur afin d’envoyer à Tolbiac mes tableaux remplis et signés. Je pars déjeuner, mais la queue d’attente du restaurant administratif de la galerie Colbert me fait rebrousser chemin et pénétrer dans un petit restaurant coréen rue de Louvois, tenu vraisemblablement par un couple franco-coréen. Le restaurant est touchant, la décoration à l’approche de Noël est composée de simples ornements en papier plié. Je prends le métro place Colette, descends à Hôtel-de-ville pour retrouver Bastien au dépôt d’un grand magasin ; je l’aide à embarquer dans sa voiture une lourde table en verre que D. a achetée pour l’appartement, une table dont on peut varier la hauteur et pouvant servir à la fois de table à manger et de table basse. Je retourne travailler. Nous retrouvons en soirée Bastien qui nous amène la table. Je l’aide à la monter au troisième étage et nous la baptisons tous trois en nous en servant pour le repas du soir, avant que Bastien, très préoccupé par ses complications familiales, ne retourne chez lui.