Vendredi 4 décembre 2009

Mon réveil n’a pas sonné. Départ en catastrophe de D. Je pars un peu avant neuf heures et rejoins la place de la Nation à pieds, prends la ligne 6 jusqu'aux quais de Seine. Il fait beau et froid. Je pénètre — le verbe pénétrer prend ici un sens littéral — dans le site Tolbiac pour une journée de formation. En attendant l’intervenante coincée dans les transports en commun, je parcours avec effarement le blog initié par Eric Besson sur l’ “identité nationale” ; passent encore les fautes d’orthographe et de syntaxe, mais réflexions basses, chauvines, reptiliennes... Discussion avec S. R. du Département de la musique dans lequel je travaille à propos de la restructuration prochaine de celui-ci, et de la crainte de voir disparaître ses spécificités scientifiques. Réminiscences de l’intervention de Laurence Languin à propos de la musique en bibliothèque, intervention très orientée vers la recherche et qui a soulevé un tollé de la part de la promotion, sous prétexte que cela n’intéresse personne et que « toute la musique se trouve sur Internet ».

Samedi 21 novembre 2009

Réveillé tôt, mais la paresse et les fatigues de la semaine me retiennent au lit jusqu’à sept heures. D. se lève, puis nous nous disons au revoir. Je prends le métro sur le cours de Vincennes, descends à la gare de Lyon, traverse la Seine à pieds, prends le train à la gare d’Austerlitz. Le Corail à quai semble très vite se remplir de voyageurs, je gagne le wagon de tête où je trouve de la place en compartiment. Ce genre de wagon me rappelle les voyages de mon enfance et permet de se coller le nez à la vitre. Le train traverse les fascinantes banlieues proches d’Île-de-France, d’abord, puis les lointaines, avant de s’enfoncer dans les plaines de l’Essonne. Maisons étroites, lotissements, barres d’habitation, hangars en tôle ondulée, campements de gens du voyage... Des jeunes à mobylettes font le tour d’un parking. Je lis Pierre Bergounioux par intermittence, suis à la gare de Blois à onze heures, d’où une navette me mène à la Halle aux grains. Je rejoins le stand où je retrouve J.P. - avec qui je vais boire un café -, Miquel, Gilles Rochier, Juliette, Nicolas Moog... David Vandermeulen est là peu de temps après, toujours un peu insaisissable dans ce genre de circonstances. Nous parlons de son assignation en justice. La journée se passe entre cette attente fatigante que l'on tient derrière les stands, quelques dédicaces - nous vendons plus que je n’espérais -, des retrouvailles, une visite de l’exposition très réussie de David sur son projet Fritz Haber... Je parle de rythme de travail avec Gilles, fais la connaissance de Nicolas Journoud, avec qui d’ailleurs je partage une chambre dans un établissement si glauque, après une soirée entre auteurs alcoolisés qui me lasse très vite et à laquelle je ne suis pas officiellement invité, ce qui m’embarrasse et m’interroge. J’aurais, dans ce milieu, très peu connu de légitimité.