Vendredi 4 septembre 2009

Levé à cinq heures et demie. Je consulte mon courrier électronique au salon et avance une grande case à la plume. Je prends la ligne neuf et intercepte la six place de la Nation, en lisant mon Proust en Pléiade - la réédition de 1954, datée de 1968, fine et maniable comparée à l’édition éléphantesque de 1987 dirigée par Jean-Yves Tadié. Au belvédère du site François Mitterrand de la BnF pour le deuxième journée d’accueil et de formation. J’en profite à la pause pour jeter un œil périphérique sur la ville du haut de ce point de vue unique. Je discute avec des informaticiens durant le buffet. La directrice générale passe de table en table et a un mot pour tous, ce qui force l’admiration. Je passe en rentrant dans cette petite boutique d’occasions au début de notre rue, y déniche quelques disques vinyls, dont une édition de 1957 de la Concord sonata de Charles Ives dans une interprétation de John Kirkpatrick, pour un prix plus que modique.
Ives ne dissocie pas son activité professionnelle (pour gagner sa vie, il fonde une compagnie d’assurances en 1906), aussi éloignée puisse-t-elle paraître d’une activité strictement musicale, de son travail de composition. Il poursuit ce dernier sans aucun souci de faire carrière ou de se rendre célèbre. Il fait publier à ses frais ses œuvres (qui longtemps firent peur aux éditeurs) et des essais commentant ses œuvres. L’essentiel de sa production est composé entre 1900 et 1918 ; en 1918, il est atteint d’une maladie cardiaque ; en 1930, il prend sa retraite professionnelle et cesse simultanément de composer. […] Pour Ives […], la musique actualise à sa manière la discontinuité de la vie.
Jean-Yves BOSSEUR, in Histoire de la musique occidentale (Sous la direction de Jean & Brigitte Massin)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire