Lundi 29 juin 2009

J’achète des viennoiseries, le placard à provisions étant vide. Je prends le tramway avec D., qui descend à la Guillotière pendant que je poursuis jusqu’au campus de la Doua. Je travaille toute la matinée sur le site que l’on doit réaliser avec C. V. et C. D. Cette dernière arrive vers onze heures, nous faisons ensemble des corrections. Il fait très chaud. Je croque un croissant et une pomme. Thierry Giappiconi intervient toute l’après-midi. C’est intéressant, politique, et je suis d’accord sur beaucoup de choses. Nous continuons après l’intervention à corriger le site. C. V. est au plus mal ― les graves problèmes de santé de son mari ― et je n’ose pas la laisser seule pour le moment. Je pars vers dix-neuf heures, suis à Perrache vers vingt heures, fais quelques courses, rentre. D. n’a pas très faim, j’essaie de manger convenablement, contrairement à ce midi. Un jeune homme, musicien, sympathique, visite l’appartement en fin de journée. Nous discutons ensuite dans l’escalier avec notre voisin, musicien lui aussi. C’est la grève des transports demain ; Claire, qui doit prendre un train tôt le matin, vient dormir chez nous. D. boit une bière, je l’accompagne. Nous nous couchons trop tard. Il fait très chaud. Je feuillette attentivement, avant de m’endormir, l’ouvrage sur les peintures d’Andrew Wyeth ― Andrew Wyeth : Memory & magic ― ramené fièrement de Milan. Je le recherchai depuis des années.

Dimanche 21 juin 2009

Fin de semaine passée à préparer le déménagement, récupérer des cartons, enlever les meubles que nous n’emmènerons pas. Difcultés à me concentrer sur le Projet, j’y parviens tout de même en n de journée, entre la numérisation d'une grande image pour la couverture de la revue Fiction et une proposition pour le CQFD du mois prochain : une grande partie de la journée passée devant l’ordinateur, donc. Le soir, une amie de D. nous téléphone à propos d’une proposition de sous-location qui jette le trouble dans ce que je prévoyais ; D. est intéressée ― on le serait à moins ― mais je tente de lui expliquer que nous avons désormais un contrat de location sur Paris, qu’il me semble préférable de louer plus petit et plus cher que sous-louer plus grand et moins cher, qu’une sous-location nous mettrait dans une position de faiblesse. L’expérience que j’en avais eu ― un appartement rue Grobon à Lyon ― avait pris n d’une manière malheureuse.

Lundi 8 juin 2009

Levé à quatre heures et demie an de prendre le premier train. Je retrouve la presse du métro parisien et file directement rue de Richelieu. Je termine le compte rendu de la journée du 4 juin dernier, dépose un dossier de location d'appartement à une agence du boulevard Voltaire pendant une pause, vérifie les numérisations des premiers recueils de portraits de musicien présents ou non sur Gallica.

Samedi 6 juin 2009

D. est en voyage d’étude à Angers, Nantes et Rennes, je suis seul à l’appartement lyonnais. Je pars numériser les dernières cases réalisées, reviens dessiner en écoutant les belles cantates BWV 113 et 114, toutes deux dirigées par Gustav Leonhardt ― dont je lis par ailleurs l'hagiographie écrite par Jacques Drillon, Sur Leonhardt. J’enchaîne avec Apostrophe de Zappa et Station to station de Bowie. Tout ceci en vinyl. En soirée, je dessine une case curieuse : un personnage foudroyé est éjecté d'une cariole ; on a l’impression qu'il otte, tout cela est montré d'une manière archaïque. Je ne sais pas si cette case fonctionne, mais elle montre le personnage, réduit à une silhouette, qui « s'en va » littéralement. Tout est très sombre, se devine à peine ― c'est la nuit.

Jeudi 4 juin 2009

Levé à sept heures. Je prends le petit déjeuner avec Bastien, avec qui je partage le studio de Montparnasse. J’emprunte la ligne 4 jusqu’à la station Réaumur-Sébastopol, me rends au Conservatoire National des Arts et Métiers où je dois assister à une journée d’étude sur le droit du domaine public numérisé. Les intervenants se succèdent dans l’amphithéâtre, je prends des notes. Je mange japonais à midi ― il y a un nombre invraisemblable de restaurants japonais dorénavant dans cette ville. L’après-midi reprend le l des interventions. Des responsables de Wikipédia et de Google se jettent dans l’arène, et c’est très intéressant. Pour nir, Yves Alix synthétise brillamment la journée. Il me faut maintenant tuer le temps avant mon rendez-vous de dix-huit heures quinze. Je marche dans le quartier, passe devant les locaux de Charlie Hebdo, traîne tant et si bien qu'à l’heure où je devrais être à mon rendez-vous je suis encore dans la ligne 9, prise à République. Je visite l’appartement rue des Grands Champs dans le vingtième arrondissement, au bout du bout de l’“escargot” parisien, avec un quart d’heure de retard qui passe inaperçu ; sans doute le “quart d’heure parisien”. Je dois dire demain si je postule à cette location. Je rentre en essayant de ne pas me faire d’illusions, me persuadant que nous serons sans doute nombreux à déposer un dossier de candidature, essayant sans vraiment y parvenir de ne pas me projeter dans un avenir dans lequel j’habiterai cet appartement.