Mercredi 13 mai 2009

Semaine consacrée à des visites d’étude dans plusieurs grandes bibliothèques parisiennes, en troupeau de vingt-cinq personnes. En n de journée, dans le quartier de la Bastille, visite intemporelle de la bibliothèque de l'Arsenal, rattachée à la Bibliothèque nationale de France depuis 1934. Les parquets grincent. L’on nous montre un manuscrit, un très bel incunable... chose pratiquement impossible à voir de manière aussi simple sur le site François Mitterrand. Le directeur apparaît en n de visite, comme le Comte Dracula en son manoir. Pince-sans-rire, il nous cone sa vision funèbre, mais sans doute juste, de ce genre de bibliothèque historique amenée à se transformer en décor de cinéma ou en salon pour soirées de dirigeants d'entreprises. Il déplore le désintérêt grandissant de la maison mère pour cet établissement. Les lecteurs y sont de moins en moins nombreux, vieillissants. Sur ces paroles lugubres, un orage qui se tramait éclate enn. Nous partons sous une pluie battante.

1 commentaire:

  1. C'est une vision très juste, belle et triste. Le monde est organisé pour qu'une pérennisation d'un tel lieu passe par sa théâtralisation, que d'un objet vivant, il devienne le propre décor de sa sauvegarde. L'ironie du sort étant qu'à la base, l'idée même de ce lieu est la conservation et la transmission. La vie devient ainsi une trace, un objet à la fois en ruine et intact.

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