Mardi 24 février 2009

Levé à cinq heures. Après le petit déjeuner, j’aperçois un rai de lumière sous la porte de la chambre en passant dans le couloir. Ma D., réveillée à cinq heures et demie, écrit, alitée, un rêve qui l’a remuée, sur un bout de papier. Nous parlons un moment, je file à l’ordinateur, revient pour dessiner. Je prends le bus, arrive à la médiathèque en même temps que la responsable de celle-ci ; nous parlons de l’aisance sociale des étudiants de ce genre d’école. Je continue mon tour des services, puis entame les divers rapports qu’il me faut rédiger. Ce bâtiment, en partie un ancien couvent adossé à la colline de Fourvière, est un havre de paix ; j’entends à travers les murs, après déjeuner, une répétition de la cantate Christ lag in Todes Banden de Bach. Je suis surpris par le fonds de cette bibliothèque, mais aussi par la sur-qualification du personnel ; peu de cadres A, ici. Il faut que je passe au retour à la bibliothèque de l’ENSSIB, mais c’est l’heure pénible, il y a beaucoup de monde dans les transports, à la manière lyonnaise : molle. J’essaie de travailler en soirée. J’y arrive, mais non sans peine.

Lundi 23 février 2009

Levé à cinq heures, je tente de reprendre le rythme. Je pars à l'atelier numériser deux cases de la planche 56, puis reviens travailler sur celle-ci. Mais le temps m'est compté, je prends à Perrache un bus qui longe les quais de Saône et m'amène au Conservatoire National Supérieur. L'équipe de la médiathèque est exclusivement féminine. L'on me présente la chose, puis je potasse des rapports. En soirée, j'appelle Sébastien de CQFD qui a cherché à ma joindre. Vision après dîner de l'Heure d'été d'Olivier Assayas, un réalisateur atypique dont les films m'intéressent souvent. Cette évocation de maison familiale et de succession me remémore la maison drômoise d'Alixan, sorte de paradis perdu de mon enfance.

Mardi 17 février 2009

Par hasard, en lisant l’article intitulé “The Silence of the Page : Une trop bruyante solitude, the French adaptation of Bohumil Hrabal’s Too Loud a Solitude” de Martha Kuhlman dans le second numéro de la revue European comic art paru fin 2008, à propos de la traduction tchèque de l’adaptation d’Une trop bruyante solitude, j’apprends que j’ai reçu le 1er prix du lettrage lors du comiCZcon 2006 à Prague… Nul ne m'en a parlé, ne m'a averti, je ne sais pas qui a retiré le prix (l'éditeur tchèque, sans doute ?), je retire de cette découverte une certaine amertume contradictoire ; tout cela n'est pas important, mais en même c'est d'une extrême importance. Ce travail de lettrage a été réalisé sur plusieurs mois durant l'été 2004, cela avait été compliqué ; non seulement il y avait de grandes différences de densité entre le texte français et le texte tchèque, mais il s'agissait en outre d'une langue qui m'était totalement étrangère, ce qui conférait à ce lettrage une part abstraite, même si j'avais l'impression ténue sur la fin de comprendre cette langue sertie de nombreuses accentuations. Je travaille l'après-midi sur les deux premières cases de la planche 56, visionne en soirée avec D. quatre documentaires en DVD dont je vais peut-être réaliser les jaquettes. Ils sont intéressants, sans beaucoup de voix off, et traitent tous quatre de la justice.

lundi 16 février 2009

Jour de vacance, un peu perdu sans les contraintes qui font mes journées. Je dessine un peu en matinée. Je vais visiter avec D. l'exposition de Pierre Bettencourt à la librairie le Bal des ardents. Je discute un peu avec Francis. Je prends le dernier livre de Pierre Bergounioux, Une chambre en Hollande. Je suis très peu au courant des sorties, aussi c'est toujours avec surprise que je découvre les nouveaux ouvrages des quelques auteurs dont je suis les travaux.

Lundi 9 février 2009

Le soir, je bataille sur la dernière case de la planche 54, entamée ce matin, en écoutant Kitsland de Council Estate Electronics. Cela avance, mais plus cela avance, moins cela va ; Quelque chose cloche, je décide de la recommencer. Je prends un bout de papier, y trace les contours de la case, commence sur une nouvelle composition de l'image au crayon, mais je ne le sens pas et c'est encore pire. Alors je reprends la case originelle - comme s'il m'avait fallu m'en éloigner pour la retrouver - et change des choses directement à la plume : un visage devient un arbre, je tranche dans le vif, j'enfouis des éléments sous des aplats noirs. Je me dis que la case est finie - en tout cas pour aujourd'hui - et je me couche avec mon Marcel Proust de Georges D. Painter, espérant avoir demain matin un regard neuf là-dessus.

Vendredi 6 février 2009

Toujours en arrêt suite à l'intoxication de mardi. Une journée dans l'Arche, pendant que le déluge s'abat sur l'extérieur. D. lit, je tourne en rond puis dessine. Je m'extirpe de l'Arche pour aller visionner Joy Division dans le cinéma du quartier. Au retour, je finis une case panoramique, en entame deux suivantes en écoutant Closer en vinyle.

Jeudi 5 février 2009

Je prends le métro en fin d'après-midi, longe les quais de Saône à pied, suis à l'école des Beaux-Arts à dix-sept heures. Une centaine d'étudiants emplissent l'amphithéâtre écouter la conférence de Fabrice Neaud. Elle est intéressante, cabotine, ce qui met les étudiants à l'aise. Il ne manque pas de parler politique à propos de son travail, ce qui le démarque de la plupart des auteurs. Nous allons boire avec Fabrice, Sébastien B. - l'instigateur de la rencontre - et un de ses collègues. Fabrice me parle de sa façon de travailler, aux antipodes de la mienne ; je lui dis que que je dois m'attacher à la table de travail, alors qu'il fuit les tables à dessin et travaille en ce moment dans un salon de thé dans lequel il a ses habitudes.