Samedi 17 janvier 2009

On toque à six heures à la porte de la chambre que nos hôtes nous ont allouée. J'ai mal dormi, sans doute à cause de l'appréhension des efforts qui devront être fournis aujourd'hui, mais aussi sans doute de l'altitude. Le petit déjeuner pris, nous partons plus tard que prévu, récupérons les paires de bâtons et de raquettes dans la voiture. Une station de ski est pour moi terra incognita, je n'en connais pas les règles et suis effaré par cette gestion mercantile et ludique en plein milieu des montagnes, à mille sept-cent mètres d'altitude. Nous décidons de prendre des "œufs" afin de nous éviter une partie peu intéressante de la montée. Nous nous entassons à six dans la petite cabine, l'ambiance est joyeuse. Un peu plus haut, nous entamons la montée, assez raide ; je reprends connaissance avec le maniement des raquettes. En petite forme, je monte lentement avec D. Après une halte à la Tougnète, à environ deux-mille quatre-cent mètres, nous pique-niquons. Il fait beau, la vue est grandiose et dégagée, nous voyons le Mont-Blanc comme s'il était à portée de mains. Je suis frigorifié lorsque nous repartons, la digestion me ralentit et les dénivelés sont très pénibles ; je sens que mon âge et mon mode de vie actuellement sédentaire me coûtent. Le corps est parfois lourd, il est cruel de s'en rappeler. Les choses s'arrangent une fois les pistes de ski derrière nous, envahies par une jeunesse urbaine "cool", socialement et ethniquement homogène. Nous ne sommes environnés sur les crêtes que de silence et d'étendue de neige vierge - des reliefs doux et sensuels -, et c'est une grande joie de voir D. se laisser glisser dans une pente avec un éclat de rire, en oubliant sa semaine difficile. Nous passons par le Pas de Cherferie, le Verdet, le Col de la Lune. L'arrivée au refuge se fait à la tombée du jour.

3 commentaires:

  1. Mon pauvre ami ! Je ne peux vous offrir qu'un maigre et lointain soutien...
    Courage !

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  2. N'ayez crainte, je suis sain et sauf... et avec tous mes doigts, Dieu merci !

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  3. Ce fut une grande joie de t'imaginer raquettes aux pieds sur les cîmes enneigées.J'ai beaucoup aimé également le passage où tu évoques le poids de l'âge et la pesanteur du corps. Du coup je me réjouis d'avance à l'idée de ce que tu pourras raconter dans une trentaine d'années !
    Ceci dit je vais essayer de soudoyer Mme D. pour voir les photos (ne me dis pas qu'il n'y en a pas !).

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