Lundi 12 janvier 2009

Levé un peu après six heures. D. part au travail à huit heures. Ma matinée est libre et c’est une chose inestimable. Je me retrouve à la table à dessin en écoutant la compilation Mortar - remplie de groupes intéressants et méconnus comme Gore, Fall of Because, Nox, Cable Regime... -, retravaille la planche 53 qui ne me convient pas. Elle n’a que deux cases mais je bute sur elle, cela m’a rempli de doutes et de torpeur durant toute la semaine dernière, une semaine de vide et d’improductivité, rythmée par des journées denses de formation et des séances de cinéma et de films en DVD, cette boulimie de fictions étant pour moi un relâchement mais aussi la conséquence d’une crise. Il faut prendre ce début de semaine comme un nouveau départ, l’esprit un peu moins confus. La représentation d’un incunable du XVème siècle dans cette simple planche est source d’interrogations sans fin, fatigantes. Une exigence dénuée de fondement autre que sa propre justification remet tout en cause, paralyse. Lu ce week-end, l’ACME novelty library de Chris Ware paru en 2007 aux éditions Delcourt, emprunté à la bibliothèque municipale, m’a laissé une impression mitigée ; un sentiment de grande admiration mêlé à celui, terrifiant, de vanité, cet ouvrage me renvoyant à ma propre exigence dans la pratique de la bande dessinée. Je prends le métro et le bus après le déjeuner. Le lac du parc est totalement gelé, et manifestement en profondeur à certains endroits. Une fine couche de neige rend la glace visible sur toute son étendue, palpable, elle n'était décelable les jours précédents que par l'immobilité de l'eau glacée. Pierre Mercklé nous introduit à la sociologie, c'est passionnant, et nous aurions pu y passer la journée entière. Il parle du travail de Bernard Lahire - dont j'ai La condition littéraire toujours sous le coude - et de Stéphane Beaud - que j'avais croisé lors d'un salon du livre, nous nous étions retrouvés un matin en rade, égarés, oubliés par les navettes du salon. Il avait acheté un exemplaire du Journal d'un loser. Je décide de rentrer par le parc, très étrange à cette heure-ci - dix-huit heures -, traverse le bon chic bon genre sixième arrondissement, puis prends le métro. Je travaille en soirée en écoutant Leviathan de Mastodon et Honky des Melvins.

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