Mercredi 10 décembre 2008

Levé à six heures, avant le réveil. Je reprends le rythme normal. De ce fait, j'ai le temps de travailler sur la planche 50. J'achète le journal en route. Le ciel est miraculeusement dégagé, après la journée grise et bouchée d'hier. Le chapeau acheté hier soir, d'une élégance toute relative — une sorte de casquette en velours doublé tombant sur les oreilles — m'isole du froid mais atténue par la même occasion les bruits de la rue. Quelque chose me frappe : le nombre grandissant de ces grosses voitures aux vitres fumées, compromis entre la grosse berline et le quatre-quatre. Je croise les loups d'Estoppey, meute oblique et sauvage traversant la rectitude du jardin du Palais Royal. L'on m'a attribué un ordinateur, et je me retrouve à travailler dans cette belle salle Labrouste dont les rayonnages vidées de ses ouvrages la font ressembler à une église. À midi, je m'offre le luxe de manger une bricole dans le jardin du Palais Royal. Je vais boire un café au "Bar de l'entracte" rue de Montpensier, un de ces endroits hors du temps que l'on ne trouve qu'à Paris, ou alors dans la campagne la plus reculée, ce qui n'est pas le moindre des paradoxes de cette ville. Je me procure quelques ouvrages à la librairie de la Bibliothèque nationale, avant de revenir à ma place dans la vénérable salle. Je vais visiter l'exposition au Grand Palais en nocturne consacrée à Emil Nolde, un peintre qui m'a beaucoup influencé par le passé. D'ailleurs, je tombe sur la Nature morte aux danseuses que j'avais utilisée pour deux cases du Journal d'un loser. Puis je m'extirpe de ce quartier de grands palais, de grands ponts et de grandes esplanades.

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