Vendredi 19 septembre 2008

Levé à six heures et demie. Je lis puis pars à l'atelier allumer l'ordinateur. Méls, etc... Chose incroyable, je vais chez le coiffeur, ne tolérant d'ordinaire que la tondeuse passée le plus rapidement possible sur le crâne une fois par mois. Tant d'égards et de prévenances de la part de la coiffeuse me gênent. Je fais des efforts, et c'est pour une noble cause. À la librairie Passages, je trouve du François Bon et du Pierre Bergounioux, notamment, de ce dernier, ses entretiens avec Michel Gribinski : Où est le passé, que je cherche depuis quelques temps et qui, même là, ont été difficiles à dénicher, déclassés qu'ils étaient dans le rayon des sciences humaines, plus précisément en psychanalyse. Bon, pourquoi pas. Je me heurte à la porte fermée de la MJC Monplaisir, reviens sur mes pas et passe prendre ma nouvelle carte d'identité à la mairie un peu pompeuse du second arrondissement, qui n'a pour seul mérite que de se tenir à proximité de la basilique d'Ainay. J'en profite pour consulter la publication des bans, et trouve ce que je cherchais.
Je réussis l'après-midi à visiter la belle exposition de Valérie Berge dans le quartier Monplaisir. Je tombe en arrêt sur une pièce, un tirage réalisé selon le procédé Van Dyke d'après une photo numérique montrant un ancien atelier, avec trois fenêtres dans le fond. Rien n'y est blanc ni noir, tout y est très net et décrit avec seulement des nuances de gris très précises. J'ai trouvé sur le trajet à l'aller l'œuvre complète pour piano de Satie, par Aldo Ciccolini, d'occasion. Je jette à la poste le dossier de l'ENSSIB.
Je prépare notre retour à Aiguebelette. D. est en vadrouille en voiture chez les uns et les autres en train de récupérer ce qu'il nous manque.
Je n'aurai pas travaillé sur le projet de La Passion des anabaptistes durant cette semaine de congé, ce qui m'exaspère, mais en même temps me fait du bien. Tout au plus aurais-je mis en place, à l'ordinateur portable, les textes de David et les cases récemment dessinées sur les pages en cours. Mais c'est tout de même du travail.

Jeudi 18 septembre 2008

De passage à Lyon. Je vais chez l'opticien pour un petit problème concernant mes lunettes, cet appendice indispensable sans lequel je ne pourrais pas lire ni dessiner. Je fais le tour des librairies, mais ne trouve rien dans les grandes enseignes, au fonds limité et assez déplorable. On trouve du Janine Boissard en plusieurs exemplaires et toutes les nouveautés, mais pour trouver du Bergounioux ou du Bon, c'est une autre paire de manche. Je finis par Gibert et reviens avec un peu de Bourdieu et de François Bon en occasion.
Au courrier, le dossier de l'ENSSIB à remplir et renvoyer. J'y passerai la soirée, il me faut ressortir plein de vieux papiers. Je me pose des questions sur ces dispenses d'enseignement, et trouve un peu présomptueux d'en demander. Il me faut profiter de cette année de formation pour engranger le plus de cours possible, et surtout lire tous les ouvrages en souffrance que je n'ai pas le temps de lire d'ordinaire.

Dimanche 14 septembre 2008

Levé un peu après sept heures. À l’ordinateur, je liquide deux affaires qui traînaient : j’envoie à Jean-Philippe des compléments pour la préface de Strates, à David des indications, trouvées sur Internet via le chantier de numérisation d’une grande firme américaine et corroborant le fait que notre citation est bien de notre ami Luther.
Au fil de la journée, la grisaille d’effiloche et c’est avec un grand bonheur que nous retrouvons le soleil. Je prépare tout ce qu’il y a à emporter : cadres, vêtements, ordinateur portable, matériel de dessin, outils divers… Nous mettons le tout dans la petite Yaris, qui s’en trouve bien encombrée, et partons vers dix-huit heures. Une barre de nuages masque l’horizon à l’est. Nous nous dirigeons droit dessus, laissant les éclaircies derrière nous. Nous arrivons à Aiguebelette sous un ciel bas. Tout est humide à l’excès. Nous déchargeons tout. Je pars chercher du bois dans la grange, en contrebas, dans l’obscurité montante. J’allume un feu de bois dans l’insert du premier étage. Lorsque je veux me laver les mains avant de faire le dîner, je constate qu’il n’y a pas l’eau courante. C’est qu’elle a été coupée et il me faut ressortir avec une lampe de poche plonger les mains dans la fosse remplie d’eau de pluie pour ouvrir le robinet d’arrivée. Nous dînons près du feu, et c’est un moment serein et délicieux. Je lis, mais tombe vite de sommeil.
J’avais oublié : lu hier soir, de Blutch, Volupté, qui est un drôle d’ouvrage, un peu « casse gueule », plein de bonnes choses. Il n’empêche qu’il a ce coté un peu « m’as-tu-vu », mais de manière consciente, comme le signifient le prologue et l’épilogue montrant cet enfant qui plonge dans une rivière trouble, et qui veut que tout le monde le sache.

Samedi 13 septembre 2008

Levé à sept heures. Ce sera une journée pluvieuse du matin jusqu'au soir, un avant-goût de l'automne. Rangement, travail à l'ordinateur. Jeanne vient manger à midi. Je fais des courses l'après-midi : cigares et carton de bières coréennes, lequel est très lourd. J'ai rendossé ma veste imperméable noire, achetée en Auvergne, tellement il fait frais. Je passe par cette cour des miracles qu'est la station de tramway de la Guillotière ; il y a là une quinzaine de types dans un état de délabrement avancé, au vu et au su de tous. C'est à peine s'ils peuvent marcher, s'urinant dessus, leurs journées se perdant en chamailleries dans une brume alcoolique, avec pour seul horizon la répétition des jours.
Une fois rentré, je recherche des traces de cette citation qu'il me semble être attribuée à Luther, en trouve une trace, ambigüe, dans cette étonnante étude de Gabriel d'Aubarède, La révolution des saints, parue chez Gallimard en 1946.

Vendredi 12 septembre 2008

Hier soir au téléphone avec David Vandermeulen, à propos de cette citation glissée au début du premier chapitre de notre projet La Passion des anabaptistes, et que je crois être de Luther. Il me parle de remises de prix, d'une conférence vue récemment, de ce débat que nous devons faire à Mouans-Sartoux, de ses déboires informatiques. Nous avons été réveillés à onze heures du soir par un violent orage, puis par de la musique vers trois heures et demie du matin.
Les yeux ouverts à cinq heures et demie, levé à six. À l'ordinateur à six heures et demie, puis départ pour la bibliothèque à huit heures.
Il y a un "pot" pour le départ à la retraite de Madeleine P. à midi à l'université Lyon 3. Beaucoup de monde, de têtes connues. Je parle avec Nathalie M.-R., que je ne connaissais pas, avec Jean B., le directeur du SCD. D. m'a rejoint et me raccompagne au tramway ; je repars pour la deuxième partie de ma journée de travail. Préparation du train de reliure, réponse à des demandes diverses, du mieux que je peux.
Je passe au pressing, sous une pluie battante. Au courrier en rentrant, les deux billets de train pour le festival du livre de Mouans-Sartoux.
Nous ne faisons rien le soir ; je vais chercher deux pizzas chez Avarello, nous regardons un film de science-fiction des années 80 – nous sommes alors en pleine Guerre Froide – et je m'ouvre une bière tchèque. C'est un peu la fête.

Mercredi 10 septembre 2008

Tôt le matin, je numérise la case dessinée hier soir, et encadre des dessins.
La journée est fatigante ; je n’arrête pas de courir en magasin établir les états de collection des périodiques, de reporter ces états dans des logiciels permettant de les afficher en ligne. C’est fastidieux, abrutissant. À midi, je propose à Gabrielle et Vincent de manger au kébab de la place des Pavillons, tant la fréquentation quotidienne de la cantine, à force, me pèse. C'est un petit moment de liberté au milieu de la journée. Le transporteur passe vers quinze heures. Je suis soulagé.
Je fais un tour place Carnot au marché du soir en sortant du travail. Il y a beaucoup de monde, à la mode de ce quartier : bien mis, bourgeois.
Il y a un message de David V. au téléphone : son disque dur est « mort », il n’a plus accès à Internet. Je croise les doigts pour que pareille chose ne m’arrive pas de si tôt. Angoissé comme je suis, je multiplie les disques durs externes de sauvegarde.
Mes parents passent à la maison en début de soirée. Eric T. passe se joindre à nous. Il rentre de Haute Loire et nous ramène un saucisson exceptionnel. Nous plaisantons sur l’affaire du LHC de Genève mis en route ce matin, sur le fait que nous n’ayons pas sombré dans un trou noir. Nous parlons de cinéma, de livres. Je parle de Pierre bergounioux et de Pierre Michon – je prête d’ailleurs Abbés à mon père. Mes parents partis, Eric reste un peu. Nous parlons d’informatique, de Don de Lillo – je lui ai prêté Libra – dont les romans m’ont durablement marqué, en particulier Outremonde. Je lui prête ce soir-là Mon mignon de Lucas Méthé, ainsi que le premier numéro du Lock groove comix et La Topographie interne du M de Jean-Christophe Menu.
Nous sommes très fatigués avec D. et nous couchons à l’heure des poules.

Mardi 9 septembre 2008

Soirée d’hier un peu agitée ; D. devant rejoindre Jeanne chez elle, je me prépare à passer une soirée de travail solitaire. Mais les projets ont changé, et c’est Jeanne qui vient chez nous. Je prépare un riz pilaf et des légumes pour tout ce monde. Le téléphone sonne sans arrêt. Je prépare le colis pour la FNAC de Nice qu’un transporteur doit venir chercher le lendemain. Nous allons chercher des affaires que nous entreposions au garage et raccompagnons notre hôte à sa voiture. Je fais la vaisselle et je range. Résultat : je n’ai rien fait.
Levé à six heures. À six heures trente je suis à l’ordinateur pour numériser la première case de la planche 43. La chasse d’eau de l’atelier a manifestement fui une grande partie de la nuit. Je la tripote et elle cesse de fuir. Je reviens à la table à dessin afin de préciser le découpage des planches 44 à 46. J’écoute le Live du groupe tchèque E, en vinyl. Recherche de documents dans ma bibliothèque. Je pense m’inspirer d’un christ sculpté d’Arcabas pour une future case.
Je pars un peu avant neuf heures, lesté de mon gros porte-document rigide – en fait une véritable valise – pesant bien ses dix kilos et contenant l’exposition Faust qui doit débuter le 27 septembre prochain à Nice, soit vingt planches en couleurs encadrées en portefeuille, ce qui fut tout un travail à faire.
La journée à la bibliothèque démarre par une réunion, puis bulletinage, refoulement en magasin, tri de revues toutes plus inintéressantes les unes que les autres. J’essaie de ne pas m’éloigner de mon téléphone une grande partie de l’après-midi ; le transporteur doit passer entre quatorze heures trente et dix-huit heures. Évidemment, pas d’appel, encore moins de passage. Mes espoirs s’amenuisent avec la journée qui s’enfuit. J’appellerai demain, mais cela m’irrite d’avoir été tendu, dans l’attente du départ de ces planches, ce qui n’est pas une mince affaire et un peu stressant, pour rien. Je suis en banque de prêt jusqu’à dix-neuf heures.
D. a fait à manger quand je rentre. Il est presque vingt-et-une heures lorsque je me remets à la table à dessin. J’écoute Heinrich Schütz, die Sieben Worte Jesu Christi am Kreutz, que je ne connais pas, une version de 1966 avec Peter Schreier et Theo Adam, ainsi que du François Couperin, des enregistrements de 1959-1961, toux deux en vinyl. Les pochettes des disques d’Archiv Produktion sont de véritables petits chefs-d’œuvre typographiques, soit dit en passant. En adéquation totale avec cela, je dessine le Christ projeté ce matin même (quatrième case de la planche 44) Tout cela ne respire pas la joie.
Des photos saisissantes de la guerre du Vietnam dans le journal, signées Horst Faas, lequel explique que ce genre d’images n’est plus diffusé du fait de la tiédeur des médias actuels, des autorisations, mais aussi du désintérêt du public.

Dimanche 7 septembre 2008

J’ai beaucoup rêvé mais je sens que le sommeil a été réparateur. Surpris par la lumière de l’aube dans la chambre du premier étage ; il est vrai que nous sommes un peu plus à l’est. Je me lève un peu avant sept heures, descends au port à pied, file au village, repère l’arrêt du car pour le retour de ce soir, remonte par le Noyau, le Grand Champ, le Mont, puis redescends. La journée promet d’être belle et efface par enchantement, et assez brutalement, la journée exécrable d’hier. Des bancs de brume restent accrochés par endroit sur le relief, et rendent d’autant plus nettes des parties du paysage, par contraste, qui se détachent dans l’air gorgé d’eau, en particulier les falaises du Mont Grêle.
J’achète dans la matinée diverses bricoles à la belle quincaillerie de Novalaise ; du fil de fer, divers vis et crochets. J’accroche des sous-verres l’après midi, puis m’évertue à faire de même avec la grande toile marouflée sur bois aggloméré, datant de 1996, originellement une Cène de deux mètres cinquante de longueur recadrée et découpée. Cette toile, qui mesure maintenant un mètre vingt sur quatre-vingt centimètres semble ridicule dans cette vieille et grande maison, alors qu’elle s’imposait de toute sa surface dans l’appartement de Saint-Denis et maintenant dans l’appartement lyonnais.
Je recouvre de lasure l’intérieur des deux volets roulants, et tâche d’en finir avec cela à dix-neuf heures. Ce que je fais. Après un rapide dîner, nous sautons dans le car qui nous dépose au Pont-de-Beauvoisin, d’où nous prenons un train. C’est la presse des dimanches soirs, il est bondé d’étudiants. Chacun a son téléphone portable, son lecteur MP3. Un des voyageurs, la trentaine, regarde des clips insipides sur un petit écran. Il semble y trouver un immense plaisir. Un homme a un chien ridiculement petit sur les genoux. Les gens s’encombrent de choses inutiles. Pendant que D. trouve une place assise, je lis debout dans le soufflet entre deux rames, avant de récupérer moi aussi une place. Nous sommes à Lyon après neuf heures du soir.

Samedi 6 septembre 2008

Assez mal dormi. Le matin à l’atelier ; un imbécile a jeté une bouteille de whisky sur la terrasse, cette nuit, qui a éclaté et projeté des éclats un peu partout.
J’encadre des dessins. A dix heures nous recevons Sun et son mari, en vue des préparatifs des festivités du 27 septembre prochain. Nous parlons de cuisine coréenne jusqu’à onze heures et demie. Sun est ravie d’apprendre qu’un français peut aimer le kimchi et le bibimbap.
Je vais chercher des billets de train à une borne automatique de la gare de Perrache, pour le trajet du débat de Nice en octobre prochain. Les merveilles de la technique : je retire à Lyon des titres de transport émis et payés à Nice.
Je travaille sur la planche 43 entre dix-sept et dix-neuf heures en écoutant Catch 33 de Meshuggah et Capture & release de Khanate, tous deux en vinyl. Ma propension à écouter des choses extrêmement violentes ne cesse de m’étonner. Il faudra que je me penche sérieusement sur la question. Je m’avise que le niveau de mon pot d’encre est particulièrement bas, ce qui m’alarme un peu ; l’encre est japonaise, de la marque Deleter – conseillée par Reno Lemaire – et me convient parfaitement : elle est très fluide et en même temps très opaque, ce qui est actuellement rare. Je ne la trouve qu’à Paris ou sur Internet. J’utilisais auparavant l’encre de chez Sennelier, qui est extraordinaire, mais épaissit trop avec le temps.
Isabelle et Jean-Jacques passent nous prendre en voiture. Nous chargeons des tableaux et des sous-verres. Nous sommes à la maison d’Aiguebelette vers vingt heures. Il n’a pas arrêté de pleuvoir de toute la journée.

Jeudi 4 septembre 2008

Il pleut. 12 galaxies d’Oxbow en disque compact gravé d’après des fichiers numériques. J’achève une case, et en met en place une nouvelle. Je suis à moitié à ce que je fais. Je lis, puis y retourne. Cela avance un peu.
Ciel bouché, il pleut par intermittence. C’est la grève des transports. Je sors avec D. qui prendra une ligne de métro qui, manifestement, fonctionne. Je fais le trajet à pied en quarante minutes. Le pont Galliéni est engorgé de piétons. Agressivité des automobilistes. Non seulement les voitures, mais il faut maintenant composer avec les cyclistes. Mais enfin, en cas de collision entre un piéton et un cycliste, les deux se feront mal, c’est tout de même plus équilibré.
Je rentre à pied et mange à treize heures. Après un petit assoupissement sur le divan, c’est le grand ménage : aspirateur et lavage du parquet et du carrelage, descente des poubelles. Je vais à l’atelier numériser le dernière case, regarder des bêtises sur Internet, prendre au vol une discussion par méls interposés à propos d’un débat qui doit prochainement avoir lieu à Mouans-Sartoux avec David Vandermeulen, Jean-Philippe Garçon, Marcel Couchaux et James. Je pars en oubliant les clés à l’intérieur et me retrouve de ce fait coincé à l’extérieur. Je bois un demi dans un bar de la place Carnot en attendant le retour de D. en regardant des clips de Madonna et autres fadaises. Être assis dans un bar à cette heure-ci n’est vraiment pas mon habitude. Je n’ai pas mon cartable et ne peux donc ni lire ni écrire. J’achète le journal. Dans le Monde des livres, deux articles recensent les nouveaux ouvrages d’Alain Fleischer et de Thomas Pynchon. Les romans de ce dernier me fascinent, mais je n’y comprends goutte. Vais-je lire son dernier roman ? J’en doute : il est énorme et je ne goûte plus guère le romanesque. Un ouvrage d’Alain Fleischer m’avait beaucoup plu : L’Amant en culottes courtes, une autobiographie parue en 2006. Il y a aussi un article d’Alain Beuve-Méry sur la bande dessinée, mais sur le mode économique, comme souvent lorsque l’on parle de bandes dessinées aujourd’hui.
Le soir, je suis si fatigué que je me coucherais après manger si je m’écoutais. Je réussis à dessiner un peu.

Mercredi 3 septembre 2008

Réveillé tôt, levé à six heures. Je reprends cette case, ne peux guère avancer. 3 de Portishead, vinyl. J’achète le journal et prends le tramway pour traverser la gare de Perrache, puis l’avenue Berthelot à pied, où je jette du courrier dans la boîte de l’agence postale, puis le métro. Je suis à la bibliothèque à huit heures vingt. Rangement, je feuillette la correspondance de Paul Valéry découverte au fil des rayons des magasins de stockage aveugles et froids.
Il souffle un vent assez fort lorsque je sors pour manger à midi. La lumière devient crépusculaire à partir de seize heures, au point d’être obligé à allumer les néons du bureau. Je quitte la bibliothèque à dix-sept heures sous des trombes d’eau. J’aperçois des chaussées changées en de véritables petits ruisseaux à la sortie du métro pour emprunter le tramway, lequel ne fonctionne plus ; la foudre aurait endommagé une caténaire. Il ne me reste plus qu’à improviser un parcours en métro, ce que je prends avec philosophie. Le hall de l’immeuble de l’atelier que je partage est en partie inondé. J’évacue une partie de l’eau puis éponge le reste avec un balai espagnol, un peu irrité parce que je sais que les résidants de cet immeuble auquel je n’ai aucune sorte d’attachement, rempli d’adolescentes ricaneuses et de jeunes couples affairés et fuyants, ne le feront pas. Échanges vifs avec D. à propos d’un mél. que l’on doit envoyer. Je mets à jour mon site internet.
Dessin en soirée. Love’s holiday orchestra d’Oxbow, en vinyl et au casque.

Mardi 2 septembre 2008

Levé à six heures, je lis un peu dans la lumière timide ; les journées raccourcissent sensiblement. À l'ordinateur – j'imprime deux planches modifiées , puis à la table à dessin, inondée de soleil, en écoutant AWII d'Ataxia en vinyl. Traçage des cases des planches 41 et 43 et découpage des suivantes à partir du texte de David Vandermeulen. Je cherche l"esprit" de ce que je dois représenter (Bauernkrieg, la révolte des paysans) en feuilletant des gravures allemandes du seizième siècle, non sans difficulté, et avec cette manie de toujours repousser les choses à faire pour plus tard.
Il fait beau et clair, je rejoins à pied la place Jean Macé, d'où je prends le métro.
À la bibliothèque à neuf heures et demie.
Il est vingt heures trente passées lorsque je peux rejoindre la table à dessin. Animal Lover des Residents, en vinyl, et en sourdine. L’"esprit" que je cherchais le matin a disparu dans les brumes de la journée ; je tente de représenter la guerre des paysans en montrant un porche d’église d’où s’échappent une fumée noire et des silhouettes humaines. Des piques les attendent dehors. Le dessin démarre mal. Je tente de redresser, d’y croire. La construction d’une image se passe souvent comme cela, c’est-à-dire absolument pas comme l’on voudrait ; il y a les erreurs, les incompétences, le hasard.

Lundi 1er septembre 2008

Réveillé et levé à cinq heures et demie, avancement du courrier en souffrance et travail sur l'ordinateur : c'est qu'il faut modifier certaines cases récemment dessinées du projet La Passion des anabaptistes.
De huit heures et demi à dix-sept heures à la bibliothèque banque d'accueil, puis bulletinage et impression du catalogue des périodiques, gros volume indigeste de 229 pages sur lequel j'opère des modifications quotidiennes depuis 2004 d'où je m'extrais à onze heures, le temps de faire la queue dans une agence postale flambant neuve, au mobilier "ludique" exaspérant.
On m'apprend dans la matinée le décès de Thierry S., un jeune Conservateur croisé à Lyon à la fin des années 1990, qui m'avait initié avec humour et simplicité aux codes informatiques de création des pages internet. Toujours ce coté irréel de ce genre d'annonce, comme une ombre jetée sur les choses qui reste ancrée en nous toute la journée, quoi que l'on fasse.
Nous sommes invités en soirée. Je ne travaille donc pas.